C N Kenitra/C A Port-Lyautey 1941-1945

Publié le par NOEL

De 1941 à 1945


Le plan d'eau et le club étant réquisitionné par les armées françaises et par la suite américaines, l'activité du club se ralentit considérablement au même titre que l'AVIRON au Maroc. C'est à cette époque, qu'un rameur Français, Mr SALLES, militaire en mission à Kénitra, vint ramer au C N K. Il demanda aux entraîneurs de lui laisser toute latitude pour s'entrainer, ce qui fut respecté. IL fut Champion Olympique avec son coéquipier MERCIER, 10 ans plus tard, en 1952 à HELSINKI....!!!I

L'article du 31/08/1942. de Pierre NOËL sur:" Le Club Athlétique Port-Lyautéen (Section aviron du C N K)", : donne un aperçu des difficultés que traverse le Club durant cette période.

 


"""N'avez vous jamais eu, sportifs, la curiosité de vous pencher sur le  passé de l'Association dont vous faites partie ? Le cahier de procés-verbaux des réunions du bureau ou des assemblées générales dont la lecture peut-être aride, vous serait pourtant un témoin fidéle des espoirs de vos dirigeants, de leurs déceptions, des succés de vos ainés, dans la pratique de votre sport favori, et de leurs revers.

Il a fallu aux membres fondateurs du " Club Nautique de Kénitra" en 1925, un sincère désir d'aboutir pour surmonter les obstacles inhérents à la création de toute l'éspèce, par la nécéssité impérieuse de disposer d'une installation spacieuse et d'un matériel onéreux. Encore obtinrent-ils le concours précieux des pouvoirs publics et de la Société des Ports Marocains (S P M).

Les 3 premiéres embarcations: un deux, un quatre, un huit, solides yoles de construction Gallinari, furent d'abord garées dans un local sis en amontdes quais. Les coursesdisputées du confluent du fouaratau coude que dominela prison centrale, étaient suivies seulement parles membres des trois clubs existant alorsau Maroc et au prise: "" La Societé Nautique de Casablanca"", ""Le Club Nautique de Rabat", ""Le Club Nautique de Kénitra"". Les Championnats du Maroc qui se déroulaient entre l'île Sainte- Marie et le pont, n'attiraient guère plus de curieux.

Mais l'extension des installations portuaires contraint à l'évacuation du local. La S P M  autorise, toutefois, l'édification d'une nouvelle baraque en planches, couvertes de tôles, en aval du port. Ce local, celui actuel, plus vaste que le précédent, s'il n'est pas plus élégant, comporte un garage, deux vestiaires et deux salles de douches. Les efforts de BETEILLE, CANTALOUP, CASTELLANO, OSER, ne portent-ils pas plutôt leurs fruits?

Le nombre des pratiquants augmente. Le C N K  est désormais représenté, en compétitions, dans toutes les catégories: débutants, juniors, séniors, Il s"affirme plus riche en éléments de valeur: ODO, DEVISE, CASTELLI, SAVEL, ZAPATA,, viennent efficacement épauler leurs ainés.Ce sont enfin les années 1933, 1934, 1935, 1936, marquées aux annales du club par les succés de SOLER,CANADAS, SAVEL, CHEREL, MINGUET, RAMON, GARCIA, RAYMOND, SAEZ, etc.......

A cette période exeptionellement brillante, succédent, hélas, quelques années d'atonie. Ce n'est pas faute, pourtant, pour le capitaine d'entraînement d'alors, ODO, de se dépenser sans compter. Les cadres du C N K se sont désagrégés. Quelles ressources, en effet, offre, en ce temps de crise par surcroit, un bourg de l'importance de notre cité à ceux qui songent à l'avenir? ; Etudiants,ouvriers, jeunes hommes tournés vers les professions libérales. Casablanca, Rabat, constituent de puissants pôles d'attraction. Le constant develloppement de ces centres  provoque la multiplication des clubs. Auprés du solide C N R,  prospére le "" Cercle de la Voile et de l'Aviron de Rabat"";aux cotés de la vivace"" Société Nautique de Casablanca"" croissent  le ""Rowing Club du Maroc"", Le ""Racing Universitaire Casablancais"". Ces clubs sont, dans une certaines mesure, assuré de conserver leurs cadres assez longtemps pour permettre à la relève de s'effectuer normalement, tandis qu'une prospection entétée est la condition même de l'éxistence d'un club de petite ville .Ce peut être une satisfaction d'amour-propre que de voir des éléments que l'on a formés valoir, à d'autres couleurs, des succés. C'en serait une meilleure, on nous l'accordera, que de les voir faire , triompher les siennes.

Mais les années d'éclipse, au cours des-quelles, sauf de rares exeptions (Grech, Garcia, Minguet, Saez), les équipes du C N K  semblaient inexorablement vouées au rôle d'utilités, n'ont pas été perdues. De nouveau se pressent des jeunes, impatients de montrer qu'ils ont fait leurs les traditions que leur ont léguées les anciens. Patience, assiduité, abnégation, discipline, ces qualités qui font de l'aviron un sport d'éducation."""    PN

 

 

A chaque debut du printemps le climat est propice aux très longues sorties, que l'on appelle aujourd'hui: les   « rallys», souvent touristiques, qui s'organisent sur des cours d'eaux Français. C'est dans l'article de l'Echo du Maroc du 27 04 1942, que P.NOEL nous conte, à travers une interview, une de ses traditionelles, très longues sorties d'un jour, entre SI ALAL TAZI  et  KENITRA ( 88 Km ) ,une vraie expedition.......

 

Chapitre: Le sport dans la région

Titre: A PORT-LYAUTEY

sujet: Un Dimanche au fil de l'Oued

 

"""Interviewé récemment à la rentrée, d'une fort belle équipée sur le Sebou, en compagnie de vaillants camarades, notre excellent ami, Pierre NOËL, aussi bon conteur que que trés actif animateur du C A P (Section Aviron), nous en a faitpour le grands plaisir la relation suivante que nous publions "in extenso", pour le plus grand plaisir des amareurs de joies saines:

 

"Si Allal Tazi...........Port-Lyautey...........sur une carte "Taride"étudiée à la maniére de Mark Twaine: quelques centimétres, en réalité,par la route, et, s'il vous prend la fantaisie de vous laissé aller au fil de l'eau: 88Km.

Le rameurs qui, dimanche sernier, ontcouvert cette distance en 8, ne s'enorgueillissent pas d'une performance extraordinaire.Un te effort requiert, pourtant, un coup d'aviron affirmé, de l'endurance, de l'energie et de la bonne humeur;

Les péripéties de la mise à l'eau et l'embarquement eussent égayé les "Taziots"  que n'avait pourtant pas émusla traversé du village, Yole à l'épaule.

Premiers coups d'aviron.....Nos bouillons se mêlent aux remous lent qui semblent moudre, broyer, absorber, et dissoudre un ciel gris.

A la barre Madame MINGUET, compare l'austerité de ce fleuve trainant son flot tristre entre de hautes berges nettes de toute arborescence, au glissement par plans bleus et tremblants de la Seine dans le cadre des prés et des bosquets.

D'heure en heure, une pause: 10 minutes qu'attenedent impatiemment ceux dont les paumes sont échauffées , ceux dont les fesses sont talées.

Et les virages succédent aux virages animés seulement par l'envol des canards que notre passage  trouble.

Fraicheur des Olad Ameur dont les peupliers alignés et frissonants s'inversent dans l'eau.

Moghrane à mid quinze....nous, nous proposons d'aborder, pour déjeuner, à 13 heures et, nous tous qui sentons se creuser, coup d'aviron aprés coup d'aviron, le sillon lent ett douloureux de la fatigue, nous exaltons dans l'attente de la Halte....Repos ô repos cher et doux aux reins brisés.......Repos que nous profitons délicieusement dans nos mebres malgrés les  poses étranges que nous impose la lassitude.

"Les moments du repas sont des moments sacrés,"

"Où l'esprit se disperse et s'assemble à son gré"

Hélas, eût constaté Jérome k Jérome, le spectacle de quelqu'u en train de dormir exaspére SAVEL à  qui il parait scandaleux de voir un homme perdre, dans un sommeil bestial, les inestimables moments qu'il ne retrouvera jamais.

 

Et nous reprenons notre descente à 15 heures, plus dispo que nous ne le craignons.

Le reflux, en dépit de certaines prévisions basées sur de prolixes raisonnements se fait sentir. Soudain les parages ne nous sont plus inconnus. Nous avons  remonté, un matin, le SEBOU, jusqu'à TAMUSIDA.....Encouragement de ne plus être désorienté à chaque virage....l'anse des barcassier.....l'île Sainte Marie.....le pont.......la cadence est accéléré,: à hauteur de "l'ailette" un enlevage en l'honneur de l'asso....

Et voici, dans le miroir trouble, les docks-silos.......plus bas, les hangars tassés à croupetons,...Voici, renversé gans la glace, "l'Alphé", le "saint Hugue"....Voici le club et ses pontons. Nous enlevons avec fougue pour qui, grand Dieu ??

Et maintenant, SAVEL, MINGUET, GARCIA, BITSCHINE, DUBIN, ASO, et GRAZINI, mes camarades, souvenez vous de ces heures d'efforts....Souvenez vous de votre lassitude...Souvenez vous d'une gaitée si légère que vous l'extériorisiez sous le prétxte le plus futile...Souvenez vous de cette athmospére d'incomparable cordialité  que seules peuvent  susciter et entretenir la fréquentation de notre club et la pratique d'un sport susceptible de faire négliger toute autre distraction, et dites-moi si ne sont là , la justification des sacrifices que vous lui consentez """ l'Echo du Maroc du 27 avril 1942.

 



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